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Manifeste de Magie Expérimentale

Mis à jour : sept. 10


Cet article est un complément d’information qui s’intègre parfaitement dans la démarche de mon livre Les Mécanismes de la Pratique Magique, publié aux éditions Alliance Magique. Étant un article important et primordial à comprendre, et usant de concepts et de termes complexes, pour vous faciliter la lecture, chacun des termes et concepts sont en lien hypertexte pour avoir leur définition, pour cela il vous suffira de cliquer sur les mots en bleus soulignés AVERTISSEMENT : veuillez m’excuser pour le bug avec les mots qui se repetent dans les liens en bleus, c’est un bug de l’éditeur du blog qui disparaîtra avec la prochaine mise au jour.

Si la magie est souvent confondue avec la religion, la spiritualité et la superstition ce n’est pas un hasard. Chacun a des antécédents en commun. L’un s’est souvent basé sur l’autre pour évoluer et se compléter, voire se copier. Jusqu’à ce que chacun de ses représentants instituent une division se normalisant avec le temps. Les intérêts étant plus fort que l’honnêteté, il en devient plus évident de jeter la pierre sur son voisin qu’à reconnaître que chacun dit la même chose, à sa manière. Aujourd’hui la magie n’est pas en reste, car elle continue à être l’héritage de multiples croyances et système religieux ou de concepts spirituels en tout genre et tout horizon, pour le meilleur comme pour le pire.

Outre les images d’Épinal, l’impossibilité de ralliement en un consensus sur les mécanismes de la pratique magique, empêche d’avoir un corpus d’étude unifiée. Encore aujourd’hui, le « chacun sa vérité » excuse toute forme de remise en question ou d’ouverture d’esprit, ne préférant que se fermer à sa vision en la clamant sous fausse gentillesse, trop vite pardonnée. Or il est plus que nécessaire d’ouvrir la magie a un versant plus sérieux, en se basant sur des faits vérifiés méthodologiquement, et non pas des assertions issues d’idéologies irréfutables ou encore des idées fantaisistes de personnes en manque de merveilleux…

Les pratiques magiques se sont ancrées dans des systèmes initiatiques ou dévotionnelles et ont perdu peu à peu leur usage en tant que discipline énergétique en dehors des traditions. À tort ou à raison, là n’est pas le sujet, cependant rétablir un juste milieu s’avère essentiel pour en tirer le meilleur parti.

Pour y arriver, il faudra commencer par séparer le bon grain de l’ivraie dans le discours des prédicateurs en utilisant diverses méthodes comme l’entretien épistémique (voir l’image qui suit afin d’avoir un apercu de cette méthode), entre autres, dans le but de s’éloigner de la pensée magique qui ternit cette discipline.

Ainsi que déceler le savant, du connaisseur, du croyant, du pratiquant au praticien afin d’aller au-delà de l’idéologie de l’innéisme qui est un écran de fumée souvent proche de l’eugénisme.

Par la suite, dépoussiérer les concepts archaïques rattachés à la rituelie, ce qui à terme évitera de tomber dans les fausses interprétations et les risques d’erreur de compréhension du concept performatif ou encore des rationalisations monocausales.

Il pourra en ressortir un véritable besoin, une urgence, d’adopter une méthodologie de recherches expérimentales, en s’éloignant des caricatures pseudo-scientifiques. Nous arriverons enfin à une approche des principes phénoménologiques de l’énergétique tout en se gardant du doute hypercritique.

Instaurer cette rigueur ne pourra qu’être bénéfique à l’avancé et au progrès des pratiques magiques.




Pour commencer, il est nécessaire de se pencher sur le discours des praticiens. Il n’est pas rare d’entendre couramment des professionnels mettre en avant leur sincérité, leur franchise et leur honnêteté. S’évertuant à clamer sa vertu afin de convaincre le consultant naïf. La confiance se gagne et ne doit pas être accordé pour de fausses raisons, comme le célèbre « on a toujours fait ainsi » ou encore « c’est la tradition » ou pire « on dit que… ». Le praticien se doit de démontrer un enchainement de prémisses afin de manifester une conclusion logique. Cependant ce n’est pas suffisant, sinon on ne fait que des syllogismes. L’important est de prouver la fiabilité des prémisses de même que la conclusion, et ce par des faits. Comme le domaine religieux, aujourd’hui il n’existe pas de vraies preuves d’existence, mais cela n’empêche pas de donner certains éléments issus d’un rationalisme critique (même si c’est encore à prendre avec des pincettes). À l’heure actuelle, seule la méthodologie d’argumentation en logique formelle et informelle permet de démonter un discours captieux. Et malheureusement ce type de discours se retrouve autant chez les praticiens sincères (usant de paralogismes) que de pseudo-praticiens véreux (usant de sophismes). C’est un usage facile et coriace innée à notre cerveau comme le démontre la théorie argumentative du raisonnement qui considère ce type d’argumentation nous amenant sur une option aisée à justifier plutôt que vers une solution préférable.

Pour se débarrasser de ces discours nuisibles, il existe deux méthodes. La première est le débunkage, c’est une méthode où l’on justifie avec des faits des idées, soit pour les prouver véritables soit pour les dénoncer fausses. Or, cette méthode parfois contre-productive n’arrive pas à convaincre les plus investis, les croyants. Afin de sortir définitivement des fausses croyances, il est nécessaire d’éviter l’effet de réactance. Plus vous montrez de preuves contraires, plus le croyant se braque en pensant que vous voulez prendre l’ascendant sur lui. Au final, cela ne fait que renforcer sa croyance. Pour ne pas en arriver là, l’entretien épistémique héritier de la maïeutique socratique s’avère être un moyen efficace d’écoute, de reformulation et d’analyse accompagnatrice, loin des débats et des rectifications frontales. Ce procédé est long et difficile mais associé à des phases de débunkage, cela devient imparable.

Par exemple, c’est par ces deux méthodes que l’on a pu éloigner la magie de la « pensée magique » enfantée par l’essentialisme. C’est l’idée que chaque chose a une essence, on attribue des pouvoirs à des objets symboliques par application de croyances (un peu comme l’animisme) alors que ce n’est que notre détection causale qui est altérée par la perception intuitive non raisonnée et sans lien de causalité, un phénomène courant d’apophénie. Considérant, à tort, les préjugés comme des évidences (l’on se souvient de l’expérience du cube de Necker) et in fine pour des preuves. Et si l’on veut que nos pratiques soient réellement efficaces c’est en commençant par sortir de ce type de raisonnement fallacieux et contradictoire qui n’amènent qu’au dogmatisme. Afin d’aller vers une vigilance et une rationalité épistémique, qui cherche à mettre en correspondance ses croyances avec les preuves. Mais attention, ce n’est pas une fin en soi. Ce n’est pas suffisant non plus pour apporter des preuves valides, car une croyance rationnelle ne veut pas dire que cette croyance est vraie. Elle n’est que la meilleure hypothèse au regard des données disponibles, c’est là toute la subtilité.

Typiquement, cette pensée magique est employée par les personnes se cachant derrière l’innéisme. Une idéologie proche de l’eugénisme, qui associe à certaines personnes des pouvoirs divins ou de naissance, justifiant leur non-intérêt à l’étude, proférant l’acquisition de pseudo-connaissances de manière douteuse. Encore un discours marketing faisant office d’écran de fumée. Les consommateurs de rêves, seront plus attirés par une personne possédant des pouvoirs magiques que vers un praticien ayant travaillé, étudié, expérimenté et s’entraînant sans relâche. Encore un effet glamour de la pensée magique, une facilité de l’esprit s’enclosant dans l’argument fallacieux d’autorité.


Le rituel magique est ipso-facto considéré comme magique en lui-même. Ce qui est une erreur fondamentale d’attribution, natif de l’essentialisme, encore et toujours. Aujourd’hui, nous sommes nombreux à avoir étudié le mécanisme des rituels et à avoir remarqué que son fonctionnement est identique au psychodrame et non à une recette de cuisine. C’est une théâtralisation symbolique permettant de mettre en condition le mental du mage afin – de par son entraînement – générer de l’énergie subtile et de la « programmer » d’une information correspondante à sa volonté.

Pour arriver à ce type de conclusion, outre bien connaître les principes clés du rituel, il est nécessaire de savoir faire le distinguo entre le relatif (subjectif) de l’absolu (objectif) ; et en particulier dans les ressentis énergétiques.

Ce sera une base non-négligeable pour s’éloigner des fausses idées attribuées à la synchronicité qui est devenu un concept performatif usant de la détection d’agentivité hyperactif, d’appel à l’ignorance et le tout sous-couvert d’une acausalité arrangeante.

Un support fondant son existence sur la rationalisation des explications monocausales, allègrement enseveli sous une fausse causation.

Revenons, si vous le voulez bien, au relatif/absolu – subjectif/objectif. La spiritualité, le mysticisme et l’ésotérisme ont tendance à tronquer ces concepts relevant de l’expérience personnelle. À titre d’exemple, une personne ayant ressenti une frayeur ou un dégout/rejet (que l’on va appeler facteur B) face à un élément A considère que cet élément A est nocif à cause du facteur B. C’est un lien de contingence utilisant le sophisme « non causa pro causa ». Cette personne utilise son ressenti personnel comme si c’était une vérité absolue. Or nous avons vu plus haut que la vérité ne peut être issue d’un point de vue relatif, sinon c’est une opinion. Alors que l’absolu est une réalité inhérente à tous, c’est une notion indépendante, qui se suffit à elle-même pour exister. Nous allons prendre de nouveaux exemples : vous goutez un verre de grenadine, vous n’aimez pas la grenadine, est-ce pour autant que toutes les autres personnes ne doivent pas aimer la grenadine ou que la grenadine est mauvaise pour les humains ? Non bien sûr, car c’est relatif à vous. Si vous avalez du cyanure, vous allez probablement en mourir rapidement si vous n’avez pas d’antidote. Est-ce relatif à vous uniquement ? Non, c’est le cas pour l’ensemble des êtres humains car c’est un poison reconnu, votre opinion importe peu, le cyanure tue que vous soyez d’accord ou pas, car c’est une vérité absolue. La différence entre les deux, repose sur différents principes, mais il y en a un qui se démarque plus, c’est le principe de consensus. Nous sommes tous d’accord, car nous pouvons tous le constater dans les faits et non dans les opinions. Ce principe est une absolue nécessitée (veuillez m’excuser le mauvais jeu de mot) pour sortir la magie et l’énergétique des erreurs fondamentales d’attributions. Et pour y arriver, il est impératif de mettre en place des protocoles de recherches qui nous permettront d’avancer dans la répartition des effets et des propriétés causales afin de sortir du célèbre problème de Hume.

En outre, certains croyants vont essayer tant bien que mal – par égo mal placé – de sauver leur croyance par un effet de manche. La synchronicité. Non pas en utilisant la définition de Jung, qui la cantonne stricto-sensu à une interprétation personnelle de signes (physiques/matériels ou mentaux) faisant le reflet des archétypes de notre référentiel personnel afin de répondre à une problématique inconsciente. Ce qui est totalement justifiable dans la narration de nos idées, car ce concept à une valeur phénoménologique qui est subjective (donc relative) à notre vécu et à notre ressenti personnel. Et là encore, les pseudo-praticiens détournent le concept au profit de l’objectif, accordant les signes à une origine divine ou d’entités quelconques ou encore à un univers anthropomorphisé. Cette objectivation amène à croire que le signe (physique/matériel) est directement envoyé à une personne uniquement, excluant la possibilité que d’autres voient le signe pour eux, ce qui est un biais d’échantillonnage (le signe peut avoir une polysémie tellement variable sur le plan sémiotique, qu’il peut en devenir asémique). Ou alors que l’interprétation de ce signe est formée par une entité externe à soi, ce qui est encore une fausse croyance abandonnée depuis longtemps qui s’appelle la théorie de l’esprit bicaméral qu’il ne faut pas confondre avec les principes de l’intuition dîtes non-locale ou encore de la médiumnité. Notre cerveau est très fort pour détecter des agents (entendez par là, des signes physiques/matériels) auxquels nous leur donnons du sens sans pour autant qu’il y ait un lien, c’est ce qu’on appelle l’apophénie. Et aujourd’hui 99% des personnes employant le terme de synchronicité, parlent en fait de l’apophénie. Ce phénomène s’appelle le détecteur d’agentivité hyperactif. C’est un phénomène qui fait appel à l’acausalité, qui essaye de justifier les coïncidences comme signifiantes car elles suscitent l’intérêt. Ce qui est un appel à l’ignorance, un sophisme qui s’appuie sur l’incapacité à justifier la signifiance pour conclure sa fausseté au lieu de laisser l’hypothèse ouverte à d’autres causes. En magie cela revient à croire que les mouvements de la flamme d’une bougie (ou encore les formes dans la cire fondue) est un message d’une divinité voulant communiquer avec le praticien pour lui dire que le rituel fonctionne. C’est un concept performatif car il réalise lui-même ce qu’il énonce. Ce type d’interprétation est illusoire. Car c’est nier que c’est une rationalisation d’explication monocausale.

L’explication monocausale consiste à attribuer une cause unique à chaque phénomène. Il est de l’être humain de choisir la croyance, les idéologies et la pensée magique, cela est plus confortable que les sciences et ses incertitudes, ses marges d’erreur, son conditionnel et le fait qu’elles apportent parfois plus de questions que de réponses. Nous sommes charmés par les explications les plus simples, répondant à nos questions. C’est ce qui donne l’impression que l’on a raison de penser comme ça. Or ce n’est que de la rationalisation (dans le sens de Descartes) et pas un principe de parcimonie ; penser que toutes nos maladies sont venues d’un désordre énergétique, karmique, ou divin, ou que tous nos actes et évènements sont dus au contexte astrologique, en font intégralement parti. Ainsi se fermer à un faisceau causal, c’est ne pas prendre en compte les différentes possibilités ou raisons. Dans l’occultisme et l’ésotérisme, un dogme n’est que trop rarement remis en question, c’est le principe de l’analogie. On ne compte plus les nombreux tableaux de correspondances, tous contradictoires. L’analogie est un processus de pensée nous amenant à remarquer des ressemblances entre deux choses différentes. Ces ressemblances sont partielles et une association d'idées chargée d'imprégnation sans lien de cause à effet. Ces points communs deviennent alors des standards (prototypes), que l’on peut comparer à d’autres choses encore. Même si la panégyrie affirme le contraire, l’analogie n’a rien à envier à la comparaison et au symbolisme. Rappelons qu’une analogie est une fonction multivaluée car l’on associe une chose avec une autre (l’on s’en sert essentiellement contre l’aporie). Cependant, il s’avère que l’ésotérisme ne fasse pas bien la distinction entre analogie explicite et implicite, confondant le tout avec les symboles, les comparaisons et les métaphores, faisant des connexions acausales et usant d’erreurs de proportions dans les rapports rationnels. Traitant aussi la faculté usuelle d’entendement nécessaire à sa compréhension à la manière des scholastiques qui assimilent l’intellect à la fonction intuitive. Amalgame typique des personnes n’ayant jamais étudié les fonctionnements des analogies, des correspondances, etc. Nonobstant que ce n’est qu’un sophisme de fausse cause, toujours en lien avec la pensée magique, l’essentialisme et tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Un objet de couleur jaune, ne veut pas forcément dire qu’il a les pouvoirs du soleil, il n’y a que ressemblance mais pas un lien de cause à effet, rappelons que la couleur jaune n’est pas émise par la lumière (elle est jaune gâce à plusieurs facteurs différents). Chacun son référentiel symbolique, c’est relatif et non absolu. Ce qui est contraire au véritable usage de l’analogie et des correspondances qui ne servent qu’à créer une syntaxe symbolique donnant sens à des objets pour notre psychisme. C’est ce qui nous amène à réellement adopter une méthodologie de recherche expérimentale en magie et en énergétique pour en comprendre les mécanismes et les propriétés intrinsèques hors de toutes croyances.







La méthodologie de recherche expérimentale repose sur différents outils et protocoles. Chaque domaine peut être étudié sous différents angles. La méthode scientifique ne rejette pas complétement la subjectivité, ou le relatif. Elle ne la compartimente que dans les domaines où cela peut apporter des réponses.


« [De même que] la psychologie expérimentale, [nous devons] concevoir de nouvelles manières de mesurer l’introspection aussi précisément que possible [en s’éloignant des dogmes béhavioristes en consistant] à traiter ces rapports subjectifs comme des données brutes » comme le souligne Stanislas Dehaene, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale à l’Académie des sciences, dans son ouvrage Le Code de la Conscience aux éditions Odile Jacob.

Et pour ça, nous avons déjà de nombreux praticiens qui travaillent dur pour apporter des éléments sur l’Histoire, la sociologie, l’anthropologie, et ainsi que sur d’autres sciences humaines par rapport à l’ésotérisme. Cela nous donne des informations capitales sur ce que les humains croyaient à telle ou telle époque, ou encore si une croyance était partagée par un grand nombre, ou comment se comporte l’humain face à telle croyance. Mais les sciences humaines n’apportent aucune preuve pour savoir s’ils avaient raison de croire ainsi (hors les raisons factuelles de l’esprit). Ni aucune constatation formelle ou de modèle théorique des principes à l’œuvre. Cela appartient à la méthodologie poppérienne. Qui consiste en grande partie à de la métrologie objective, sans inférence des croyances ou des opinions des chercheurs. Comme les expériences en double-aveugle par exemple.

Nombreux sont les détracteurs, mais aucun n’a pu donner de véritables éléments reproductibles. Il leur convient de fustiger la magie expérimentale en fabriquant un homme de paille, qui n’est encore qu’un sophisme voulant présenter la magie expérimentale de manière volontairement erronée.

Alors que celle-ci ne cherche qu’à comprendre les causes des phénomènes énergétiques afin d’en maîtriser la manipulation.

Sans pour autant tomber dans l’extrême mécaniste, en utilisant le doute raisonnablement.

Pour beaucoup, la méthode scientifique ne peut expliquer la magie, l’énergétique ou la spiritualité. Or les praticiens en magie expérimentale et les zététiciens, qui sont en parti opposés, s’accordent sur la possibilité d’utiliser cette méthodologie. Du moment que l’ésotérisme annonce qu’une action dîtes ésotérique peut avoir un résultat (donc un effet) on peut mesurer facilement si cette action a beaucoup de réussites ou non. Pour l’instant, il ne peut être mesuré que des éléments composant l’ensemble des pratiques mais pas la pratique en elle-même, c’est à dire qu’il ne peut être étudié un rituel dans sa globalité car de trop nombreuses variables ne peuvent être contrôlées ; or étudier chaque élément et principe distinctement permet de composer avec plus de justesse une pratique globale qui « in fine » pourra par la suite dans le futur peut-être être étudiée en protocole. De même, en ésotérisme on parle beaucoup de taux vibratoire, qui est encore une forme de mesure, ainsi dire que la magie et l’énergie ne peuvent être mesurées est un argument fallacieux. Si personne n’a réussi à démontrer l’existence dans les mesures cela ne veut pas dire que ça n’existe pas. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence, il faut simplement utiliser à bon escient le rasoir d’Ockham qui consiste à préférer l’hypothèse la plus simple et la plus suffisante. La magie expérimentale n’est pas là pour évincer les Traditions, les systèmes ou les croyances, elle ne veut que permettre le progrès dans nos disciplines. Ce sont les dogmes qu’elle rejette. Et c’est à cela qu’elle a un point commun avec la Chaos Magick, qui ne s’entrave pas dans un dogme et est fervente du saut paradigmatique. Et c’est leur seul point commun, car si la Chaos Magick est formée de bonnes intentions, elle n’en est pas moins dogmatique à d’autres égards. Si aujourd’hui les outils de mesure ne sont pas encore suffisamment fiables et objectifs, c’est la méthode et la reproductibilité des résultats qui démontrent qu’elle est sur la bonne piste comme par exemple la Panergologie. Il existe de nombreuses formes de recherches et autant d’embranchements. Personnellement, je m’intéresse à toutes les formes proposantes des protocoles fiables et s’alignant à l’épistémologie des sciences.

Toutes ces recherches apportent des éléments pouvant démontrer un enchainement de prémisses valides afin de manifester une conclusion logique. Grâce à cela, nous pouvons établir un modèle de représentation des principes et mécanismes en jeu au sein de l’énergétique et de la magie. C’est ce qui nous amènera à faire progresser la pratique, à la rendre plus efficace, plus concrète. Cela nous évitera de tomber dans les écueils de l’empirisme et de la phénoménologie. Rectifiant au passage nos ressentis personnels afin d’avoir plus de résultats. C’est une voie longue et difficile, ne prenant pas pour argent comptant tout ce que l’on peut entendre ou croire. Et enfin faire en sorte que la magie et l’énergétique puissent un jour devenir une science.

La magie expérimentale n’a pas pour vocation d’éliminer ou de ridiculiser la croyance. Mais elle vise plutôt à apprendre à s’en servir avec parcimonie. Par exemple, lors d’un rituel dévotionnel, elle n’ira pas contre les preuves de respect envers les entités ou divinités louées. Elle n’apportera qu’une meilleure utilisation des outils composant le rituel. La magie expérimentale érige le doute raisonnable en toutes circonstances et n’exhorte pas le doute hypercritique. Elle encourage de douter du doute. En essayant à travers les méthodologies de logique formelle et informelle d’en déterminer les pourtours afin d’éviter de sombrer dans les sophismes. Pour cela qu’elle met en place le principe de parcimonie, ou le rasoir d’Ockham, pour analyser les théories, sans trop inférer d’hypothèses ad-hoc. C’est un ensemble de ressource qui ne peut que faire avancer nos disciplines vers le progrès. Sans tomber dans les travers de certains scientifiques obtus qui utilisent ce rasoir d’Ockham en couverture de la rationalisation d’explication monocausale pour éviter de chercher plus loin que l’hypothèse qui leur semble la plus satisfaisante, ceux-là ne font que tomber dans les mêmes pièges dogmatiques que les croyants ou praticiens de l’ésotérisme.



L’humilité épistémologique de l’esprit critique n’est pas une entrave au progrès de la magie, car comme l’a très bien dit Jean Rostand : « N’y aurait-il qu’un atome de vérité, il serait, cet atome, d’un tel prix, et de nature à entraîner une si profonde révision de nos valeurs intellectuelles qu’on ne peut louer assez ceux qui s’efforcent de l’extraire ».

Sébastien G.A. Le Maôut

Sorcier ∞ Mage ∞ Occultiste

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