Pourquoi ne pas croire au Triple Choc en Retour ?

Dernière mise à jour : 11 sept.



S’il y a bien une croyance très partagée et qui semble admise dans toutes sortes de courants, de traditions ou de pratiques, c’est le choc en retour, ou encore, le triple choc en retour, voire le karma.

On a tous entendu parler du Triple Choc en Retour ou de l’effet Boomerang.

Ce fameux phénomène disant que chaque action positive ou négative nous revient par trois fois.

Il existe de nombreuses variantes de cette fameuse loi : retour tout court, triple choc, effet papillon, loi du karma, etc.

Un très grand nombre de praticiens y croient pour se donner bonne figure mais pourquoi cette superstition perdure-t-elle ?

Nombreux sont les pseudo-spiritualistes se pâmant de ne pas faire de mal à cause de cette légende. Si leur étude de la spiritualité était plus approfondie, ils sauraient que les textes fondateurs nous répètent depuis la nuit des temps des préceptes de vie nous poussant à réfléchir sur le sens de la vie. En appliquant nombre de ces préceptes, ils comprendraient rapidement que cette fausse loi n’a pas lieu d’être.

Trop souvent, les pratiquants jugent l’autre négativement, prenant un malin plaisir à le rabrouer sans s’amender soi-même. Dès l’apparition du moindre problème, ils préfèrent jeter leur venin pour blanchir leurs exactions. Avouons-le, utiliser le concept du Karma pour dénigrer l’autre n’est pas très spirituel.

Les enseignements spirituels sont tous d’accord et des versets de la Bible en sont l’exemple le plus flagrant : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : ‘’laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui a une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de ton frère.’’ » Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5.

Il est évident que tous nous avons nos déboires dans la vie. Qu’une personne n’en n’ayant jamais eu vienne le prouver !

On voit chez l’autre le mal qu’il peut faire mais pas celui que nous faisons. Mettons-nous dans leurs chaussures... et si à travers leurs regards c’est nous qui étions dans l’erreur ou qui faisions du mal ?

Un proverbe amérindien dit : « Tu ne peux pas juger un homme sans avoir marché deux lunes d’affilées dans ses mocassins ».

Tout est une question de point de vue. Dans la nature (ce qui inclut les Énergies) il n’y a ni bon ni mauvais. C’est une conception typiquement humaine.

Parfois nous pensons faire du bien à quelqu’un mais cette personne peut mal exprimer ce qu’elle souhaite et donc nous voir négativement.

Ce manichéisme est propre à notre société comme l’a très bien résumé Florent Loiacono dans Ninja et Yamabushi, Guerriers et sorciers du Japon féodal aux éditions Budo : « L’Occident fonctionne sur une base d’opposition, un mode de pensée binaire et manichéen : Bien contre Mal, et Mal contre Bien. Ce paradigme remonte certainement à l’Ancien Testament. L’Extrême-Orient, quant à lui, s’appuie sur une idée relativement similaire, non pas pour s’y arrêter, mais pour la transcender. Une idée d’assimilation, de non-dissociation, et même d’harmonie des contraires (yin/yang) [le contraire (...)] serait diviser ce qui, dans l’absolu, est Un. »

Comme le soulignent les gurus (maîtres) de différents courants philosophiques de l’Inde antique, l’intention a son importance. Elle fait parfois toute la différence...

Un assassin enfonce une lame dans le ventre de sa victime pour lui dérober ses biens. Que fait le chirurgien ? Il enfonce une lame dans le ventre de son patient pour extraire le mal qui le ronge ou réparer un organe. Le premier vole une vie, le second sauve un homme : le geste est pourtant le même.

L’Énergie est neutre, tel un couteau ou un câble électrique, cela peut nous aider dans la vie de tous les jours mais mal employée nous pouvons causer du tort à autrui comme à nous-mêmes.

Et c’est là la véritable définition du Karma (et non cette pseudo- sémantique se rapprochant de l’idée d’une destinée ayant un écho sur d’autres vies passées ou futures, comme beaucoup de pseudo-praticiens aiment s’en targuer). En sanskrit cela veut dire Agir. C’est l’action ou acte rituel qui enjoint une conséquence. Le Karma exprime la loi de cause à effet.

Le Karma n’a aucun lien avec la conception du Triple choc en retour. Ce n’est qu’une hérésie pour justifier un concept qui ne s’inscrit dans aucune Tradition et qui n’est mentionné nulle part avant l’arrivée de la Wicca. Et de plus cette idée de retour en choc ou de triple retour en choc vient d’une invention datant des années 50 par Gerald Gardner, le fondateur de la Wicca. Il s’est réapproprié la vision détournée du karma par Charles Leadbeater et la Société Théosophique, qui a déformé la quasi-totalité des concepts mystiques indouistes et orientaux au profit d’une adaptation occidentale dans un syncrétisme disproportionné. L’idée du retour « triple » était séduisante car elle faisait analogie avec la Triple Déesse de la Wicca. Puis cette croyance s’est popularisée dans le milieu ésotérique et New-Age des années 1970 car durant cette période, apparut la métaphore célèbre de l’effet papillon. Cet effet papillon résulte de la théorie du chaos, et fut formulé par le scientifique Edward Lorenz. Théorie qui fut inspiré par un problème mathématique de Poincaré à propos du phénomène de la sensibilité aux conditions initiales. Malheureusement l’effet papillon fut victime d’une énorme extrapolation, car la théorie s’inscrit dans le cadre mathématique mais pas aux évènements ou à l’interprétation de l’Histoire, mais peu s’en fut pour ce soit cette fausse idée qui prenne le dessus, et nous dûmes attendre l’arrivée de l’ouvrage de philosophie postmoderne de Alan Sokal et Jean Bricmont « Impostures intellectuelles » pour rétablir le concept à sa véritable définition. Cependant, cela ne fut pas suffisant pour rétablir le concept dans le milieu populaire. Pour une raison simple c’est que cette fausse croyance résonne avec un biais cognitif « la croyance en un monde juste ». Ce biais cognitif consiste à penser intuitivement que l’on obtient ce que l’on mérite ou que l’on mérite ce que l’on obtient. Ce sophisme de l’hypothèse d’un monde juste est très connu dans la psychologie sociale, c’est une forme d’attribution causale qui fait appel à plusieurs autres biais comme « le blâme de la victime » et « l’autocomplaisance ». Penser que si on fait quelque chose de bien il nous reviendra du bien tout comme faire quelque chose de mal nous revaudra du mal, dont l’expression « la roue tourne », nous vient d’une forme de déni de la cruauté des évènements en les réinterprétant en cherchant à leur trouver une cause, cela provoque l’espoir. De plus, cela va avec l’idée du jugement des autres personnes, car si une personne a eu un malheur c’est qu’elle l’a mérité, d’où le biais du blâme de la victime. Penser ainsi réduit l’inconfort que pourrait nous provoquer notre empathie pour les victimes, ou réduit le sentiment de culpabilité en tant qu’observateur impuissant, ou encore au biais du jugement véridique qui nous incite à l’autocomplaisance de nos idées et de nos actions, cela provoque en nous un sentiment d’être meilleur par le biais de confirmation. Comme je le disais, c’est la Société Théosophique qui s’est appropriée des concepts de la sagesse orientale. Il est toutefois regrettable de constater qu’elle a déformé les croyances, concepts et traditions des philosophies et de la métaphysique de l’Inde Antique. Le karma des théosophes est une devenu une loi psychostasique pouvant influencer le destin de nos réincarnations, empiétant sur le concept du Dharma (loi universelle, rôle de l’Homme dans son incarnation). N’ayant pas pris le temps d’étudier et de comprendre ce que les sages orientaux pouvaient nous apprendre, ils ont simplifié leur philosophie et l’ont adaptée à un ésotérisme syncrétique. Depuis le phénomène New Age se faisant gorge chaude d’un monde naïf, en fit une loi fantaisiste et contre-intuitive : la loi de l'attraction, que Rhonda Byrnes popularisa de façon marketing avec LE SECRET.

Si beaucoup considèrent que ça ne peut faire de tort aux personnes croyant à ce « faux-karma », le danger d’un déni de réalité est toutefois bien présent.

Si, lors de la réalisation d’un rituel, notre esprit ne lâche pas prise et que nous avons des remords, peur du triple retour, etc., notre inconscient va manifester des liens entre notre quotidien et nos peurs, c’est un phénomène d’amorçage. Les signes du triple retour sont les illusions de notre mental qui n’a pas été suffisamment entraîné. Sans compter que la peur peut muer en « formes-pensées » qui deviendront des Larves.

En revanche, une réalité énergétique nommé Choc en retour existe. Bien loin des considérations que nous venons d’exposer.

L’Énergie est une différence de potentiel, et comme la nature a horreur du vide, quand nous envoyons une charge, ce vide se comble automatiquement par une régénération énergétique en puisant dans les ressources du praticien.

Or si l’Énergie envoyée ne trouve pas de destinataire, celle-ci ne disparaît pas. Pour une raison, encore inconnue, elle revient vers son expéditeur. D’autant qu’il est rare que l’intégralité de l’Énergie atteigne sa cible. L’Énergie restante retourne vers l’expéditeur.

En fonction de la charge et de la densité énergétique, cela peut être plus ou moins embêtant pour le praticien. La charge artificielle mute au profit de la charge naturelle rencontrée au fur et à mesure de son passage. Il est fréquent de voir revenir une charge à l’origine positive devenue plus néfaste à son retour et vice-versa. Mais ce n’est pas obligatoire ni dépendant de l’intention.

Il en va de même pour la densité énergétique. Si celle-ci est très conséquente et que le praticien s’est déjà régénéré, il se peut que la très grande quantité d’énergie fonde sur le praticien et le fasse se sentir mal. Si le mage n’est pas expérimenté, ce surplus d’Énergie peut engendrer une contamination dans son dégagement énergétique. Qui par la suite peut créer une larve et/ou des failles dans l’aura.

Plus un praticien sera entraîné et au courant des techniques énergétiques, plus il pourra s’en prémunir, se rendre invisible énergétiquement ou utiliser un dérivateur triangulaire.

Mais cela ne concerne aucunement une quelconque interprétation manichéenne et naïve issue de la pensée dichotomique. Nous voici donc fasse à un véritable cas d’école de fausse croyance qui pullule encore dans le milieu et dont pourtant nous ne devrions pas nous méfier.


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