Le Retour Affectif (magie d’amour/envoutement) est-il mal d’y avoir recours ?

Dernière mise à jour : 26 mars


Question que beaucoup de monde se pose (ce qui est une bonne chose), bien souvent les jugements hâtifs et les différents biais cognitifs et culturels y répondent avec un manichéisme (bien/mal) évident totalement à côté de la plaque. Nous allons voir pourquoi c’est faux de croire que c’est mal.

Souvent classé en magie noire ou magie rouge par les ignorants, pseudo-praticiens et arnaqueurs en tous genres, alors que la magie n’a pas de couleur, cette classification vient des contes de fées et n’a jamais été considéré par des praticiens sérieux. La magie et la sorcellerie étant des disciplines énergétiques qui emploient des techniques utilisant l’Énergie subtile qui est neutre par essence, ce n’est que le praticien qui la conditionne selon sa volonté et son intention. Ainsi dire que la magie est blanche (gentille) ou noire (méchante), c’est comme si on disait que l’électricité était méchante ou gentille, c’est à la fois un biais cognitif et un argument fallacieux appelé le Faux Dilemme. De même, penser qu’une pratique magique d’un autre pays est plus forte qu’une autre, juste par effet d’exotisme qui joue sur votre ignorance, est tout aussi ridicule, c’est comme dire que l’électricité du Gabon est meilleure que celle de France. Alors que ce n’est que l’utilisation culturelle qui diffère. Avouons que ça n’a pas de sens… La magie doit être vue comme une technique et l’Énergie comme un outil. Imaginez un tueur en comparution au tribunal, ce tueur se serait servi comme arme d’un couteau, qui accuseriez-vous ? Le couteau ou le tueur ? Le tueur, bien entendu ! Alors pourquoi accuser la magie au lieu d’un praticien qui s’en sert ? Vous comprenez ? Il faut faire très attention et réfléchir posément avant de gober ce que les uns et les autres vous racontent. Et il en va de même avec les idées du triple choc en retour, dont je vous laisse lire mon article sur ce mythe infondé en cliquant ici.

Ces derniers temps, nous voyons fleurir un peu partout des aphorismes du genre : « le retour affectif est un viol ». Ce qui effraye beaucoup de gens se posant la question de l’éthique dans le cadre du retour affectif. Étant encore dans une ère de délation et d’accusation de viol ultra-médiatisée, cela rentre dans l’engouement du post #MeToo et #BalanceTonPorc. Si effectivement ce genre de période a permis à délier les langues des victimes ayant vécu ce type de drame, il y en est aussi qui ont profité de ce mouvement pour faire des accusations mensongères à des fins pécuniaires, publicitaires ou de vengeance. Ce qui malheureusement entache ce mouvement et le combat de toutes les victimes qui ont réellement été abusées, ce qui est dramatique. Depuis une véritable chasse aux sorcières s’est organisée sur les réseaux sociaux où chacun y va de ses accusations mêlant autant de vrais que de fausses. Et cela pris même de l’ampleur parmi de pseudo-sorcières à vouloir venger les victimes en faisant justice elles-mêmes, comme si cela était possible, et surtout sans aucune vérification si les accusations étaient fondées. Elles font même cela gratuitement parfois, heureusement vu que cela ne risque pas de fonctionner outre mesure… Néanmoins cela crée une sorte d’hystérie collective qui nous ramène à l’époque des bûchers. Mais cette fois-ci c’est une lapidation allégorique sur la place publique virtuelle.

Alors en réalité, pourquoi certaines personnes en viennent à dire que le retour affectif est un viol. Il existe plusieurs catégories de personnes et leurs intentions diffèrent. Il y a des praticiens sérieux, ils cherchent une forme de notoriété publique en s’entourant de personne touchée émotionnellement par ce type de phrase. Ils sont sérieux, savent ce qu’ils font mais cherchent quand même à attirer plus de monde. Ils utilisent ce type de phrases (souvent inconsciemment) pour descendre en flèche les autres praticiens concurrents en les faisant passer pour moins éthique et moral qu’eux, où tout simplement croient en leur idéologie. Puis évidemment nous avons les arnaqueurs véreux purs et durs qui essaient de s’entourer d’une clientèle qui est touchée émotionnellement par ce type de phrase, c’est une manière d’attirer les chalands en se faisant passer un praticien sérieux et éthique donc qui n’arnaque personne. Même si c’est tout le contraire car ce qu’il voit c’est le porte-monnaie uniquement. Puis il y a les pseudo-praticiens sincères, ils croient en ce qu’ils font et ce qu’ils disent mais n’ont pas poussé leurs études de nos disciplines suffisamment loin que ce soit dans la pratique que dans la réflexion, ce qui en fait des praticiens mauvais même s’ils sont sincères. Et pour finir nous avons les ignorants. Ce sont souvent des débutants ou des personnes avec une idée faussée qui pensent bien faire mais qui racontent encore une fois n’importe quoi. Sans compter que tous y cherchent une illusion de bonne conscience. Et parfois, c’est un mélange d’un peu de tout ça à la fois.

Cette idée fausse vient de plusieurs points que nous allons évoquer par la suite. Mais le premier est sans conteste à cause d’une incompréhension des mécanismes/fonctionnements du retour affectif. Ils se font une idée fausse à son sujet.

Le retour affectif est un envoûtement d’amour (le terme envoûtement n’est pas négatif en soi c’est simplement agir (dans le sens d’envoyer de l’informations non-locales) à distance énergétiquement sur une personne), cette appellation retour affectif est uniquement française et n’existe pas dans les autres langues qui parlent de sortilège d’amour. Dans la langue française courante, les mots envoûtement/sortilèges/sorts/sorcellerie/etc. ayant une connotation négative et péjorative, à cause entre-autres des œuvres de fiction, a forcé les praticiens à trouver des termes plus doux. Mais preuve en est, changer un terme est inutile car inévitablement les mots se verront de nouveaux entachés péjorativement. Il aurait été plus utile d’instruire sur ce qu’est réellement tout cela afin d’éviter que l’ignorance devienne une peur.

Pour beaucoup le retour affectif est donc faire revenir une personne séparée avec qui on a été en couple ou faire (re)tomber amoureux une personne d’une autre. Si l’on suit cette logique, c’est une entrave au libre-arbitre (encore faut-il que ce concept philosophique existe réellement, rappelons que cela fait toujours débat depuis des millénaires). Et donc évidemment, cela n’est pas moralement très éthique. Effectivement dans ce cas, l’on pourrait dire que c’est une sorte de violation, un viol.

Cependant, ce sont les mécanismes du retour affectif qui sont bien plus complexes et subtiles qui font que ce n’est pas aussi simple. Si l’on était capable faire tomber amoureux n’importe qui d’une autre personne, pourquoi se contenter d’un.e ex ou d’un.e ami.e/collègue/etc. ? Pourquoi ne pas faire tomber amoureux de soi une personnalité notoire, une star, une célébrité.e ? Eh bien déjà parce que cette personne ne nous connait pas et de deux car elle n’a évidemment aucun sentiment à notre égard. Ce qui implique donc que nous pouvons agir uniquement sur des personnes se connaissant et ayant eu des sentiments l’un pour l’autre, ou que leurs sentiments ne sont pas encore déclarés consciemment. Il est clair que n’ayant pas d’unité de mesure pour mesurer qualitativement ou quantitativement un sentiment à ce jour (à la manière des kg, litre, cm…) nous ne pouvons pas prévoir à l’avance si une personne éprouve des sentiments pour une autre, on peut se faire une hypothèse grâce à des outils comme la voyance qui va déterminer une probabilité d’avenir, mais rien n’est sûr. Donc si on fait un retour affectif sur une personne n’ayant pas de sentiments amoureux ou plus suffisamment, et donc pas consentante, qu’elles en aient conscience ou non, tout au plus cela ne fonctionnera pas. Mais le retour affectif ne créera pas de faux sentiments. Ainsi, si un rituel d’amour fonctionne c’est que des sentiments sont présents et qu’il y a une volonté (même infime ou inconsciente) de vouloir arranger les choses avec l’autre ou de vouloir essayer de se mettre en couple, c’est donc avec consentement (conscient ou non). Et ce parce que les charges programmées dans l’Énergie subtile sont proactives et non réactives, cela répond à l’effet diapason, autrement appelé système serrure/clé. EN CONSÉQUENCE, LE RETOUR AFFECTIF NE VA PAS A L’ENCONTRE DU « LIBRE-ARBITRE » ET N’EST AUCUNEMENT DU VIOL ! Pour en savoir plus sur les mécanismes de fonctionnement d’un retour affectif, je vous invite à cliquer ici pour lire l’article à ce sujet où y sont aussi expliquées mes prestations.

Désormais que cette question est réglée, voyons ensemble plus en détails les autres raisons de ce faux raisonnement. Ce qui nous permettra de mettre en lumière l’importance de la réflexion lorsqu’on veut faire de l’éthique et de la morale, car cela ne se résume pas à des chartes bidons.

Après discussion avec différents praticiens aguerris, et en particulier avec Steve Carlin (spécialisé en voyance et médiumnité) qui eut une objection très éloquente : « je serais curieux de savoir ce qu’en pensent des victimes de vrais viols si on leur expliquait cette polémique ? Si employer un mot aussi fort pour un acte aussi banal n’est pas une insulte à ce qu’elles ont vécues ? », j’en suis donc venu à creuser plus en profondeur d’où vient ce genre d’argument fallacieux.

Car si le retour affectif est un viol, employer des techniques de séductions l’est tout autant. En mettant de jolies tenues, du bon parfum, du maquillage, des atours vous mettant en valeur afin de plaire à l’autre, avoir un comportement amical séduisant, n’est-ce pas une tentative d’influence ? Considère-t-on cette influence de séduction comme une entrave au libre-arbitre ? N’êtes-vous pas flatté.e si une personne faisait cela pour vous séduire ? L’accuseriez-vous de vous violer ? Je ne crois pas… Et le retour affectif agit uniquement de la même manière, cela met en perspective les atouts que l’on aime chez l’autre, ça peut également apaiser les tensions et faire levier sur des blocages émotionnels, c’est tout. Certains appellent ça « réharmonisation du couple », or ce n’est encore une fois que changer de terme. On n’est pas dans un film ou un livre à l’eau de rose où un sortilège d’amour rendrait obnubilé tel un zombie. Même si c’est votre intention, ce n’est pas pour autant qu’elle prendra réalité. Et si l’on va dans la logique des personnes pensant que c’est un viol ou une violation du libre-arbitre, alors toutes disciplines magiques et énergétiques sont à bannir, car la voyance influence aussi les choix des consultants, prier une divinité pour interférer dans la demande de trouver un job c’est influencer les personnes en charge de recrutement… Il faut savoir que l’humain est pavlovien, nous avons tous divers conditionnement. De même que les personnes parlant de demander « l’autorisation » d’une entité/divinité, si lorsqu’elles sont d’accord et que le rituel échoue, comment interpréter cela ? Interpréter une réponse d’une divinité n’est qu’une interprétation, c’est soumis donc aux mêmes biais, ce qui ne vaut rien et donc pas une vérification ou autorisation c’est tout autant hasardeux que le reste…

Ce genre de phrase comme « le retour affectif est un viol » est un argument fallacieux, et il répond à différents sophismes et biais cognitifs : l’Appel à l’émotion (argumentum ad passiones) qui va tronquer intentionnellement votre raisonnement en mettant vos émois en premier plan ; la projection anthropomorphique qui consiste à donner des attributs humains et sociétaux à différents types d’objets relié au biais de projection sociale ; l’effet de mode ; et d’autres plus subsidiaires : le biais sophistique en particulier le syllogisme biaisé (dont nous parlerons plus bas) ; la croyance en un monde juste ; la fixité fonctionnelle ; effet de faux-consensus ; un biais de supériorité illusoire relié au biais de désirabilité sociale ; biais d’information relié au biais de croyance ; l’association implicite relié à un effet de propagande, le biais du point aveugle relié à un biais de congruence… Bref vous aurez compris, une toute petite assertion comme celle-ci appuie sur toutes sortes de faiblesses de notre cerveau. Et si cette phrase conforte nos idées, c’est typiquement le biais de confirmation, pire encore si elle est juxtaposée à une phrase de ce type : « je l’ai appris/réfléchis/lu/compris auprès de mon/ma maître/professeur/auteur/grand je ne sais pas quoi/expert de bidule-chouette/etc. » c’est un argument fallacieux d’autorité illégitime. Cela ne fait que renforcer l’idée que l’argument est bien alors qu’en fait il est merdique. Car en soit qui est cette personne qui fait autorité ? Que vaut-elle réellement ? Elle peut être connue et dire n’importe quoi, ce n’est pas incompatible.

Ce type de réflexion, une phrase à la mode comme « le retour affectif est un viol/c’est mal/c’est enlever le libre-arbitre » nous donne l’impression que c’est logique car dans sa structure grammaticale elle est une réponse à un syllogisme. Le syllogisme est un procédé logique comme le célèbre : « 1 : tous les hommes sont mortels, 2 : or Socrate est un homme, 3 : donc Socrate est mortel ». Les phrases 1 et 2 sont ce qu’on appelle des prémisses majeures et mineures, elles sont supposées vraies, la 3ème phrase est la validité formelle de la conclusion. Mais si on change un élément : « 1 : tous les chats sont mortels, 2 : or Socrate est mortel, 3 : donc Socrate est un chat », vous remarquez que la structure est juste. C’est l’association des prémisses qui est une erreur. Et justement cette phrase stupide « le retour affectif est un viol » est la conclusion d’un syllogisme biaisé.

Nous n’irons pas dans l’argument fallacieux d’Appel à la sagesse ancienne en disant que ça a toujours été pratiqué, même si certes on peut retrouver des traces archéologiques de rituels ou d’artefact magique destiné à l’amour. Or il faut prendre en compte que qu’importe les cultures ou l’époque, ce type de pratique est similaire au rituel amoureux (la parade) des animaux qui cherchent à se reproduire.

Mettre en avant que c’est une question de morale ou d’éthique alors que ces personnes sont incapables d’en donner une définition juste à part celle qu’ils vont vite lire sur Wikipédia est affligeant. Et si ces personnes avaient un minimum de connaissance dans le domaine de la morale et de l’éthique, ils sauraient qu’il faut éviter de faire des procès d’intention. Une intention peut être jugé que si elle précède sa mise en application par un acte. Ainsi c’est l’acte qui est jugé au regard de l’intention. Mais si l’on jugeait l’intention seulement, nous serions tous incriminer car nos esprits sont souvent empli d’idées méchantes contre une personne qui nous a fait du mal par exemple. Et l’acte magique, n’étant pas encore prouvable, il ne peut être incriminé également, les fois où cela a été fait, c’était pendant l’inquisition et nous savons tous à quoi cela a résulté. Et c’est là que la discipline de la logique rentre en jeu, car la croyance n’est pas un fait. Prenons un exemple : vous êtes sur la plage en plein été, vous dégustez une glace, face à vous votre pire ennemi, vous avez de la colère en le voyant, et là patatras il se noie. Si la justice interprétait cela comme acte de sorcellerie juste parce que vous avez eu de la colère, vous seriez en prison pour meurtre, alors que vous seriez innocent. La noyade a plusieurs origines possibles et concrètes qu’il faut déterminer. Et le fait que vous ayez de la colère et qu’au même moment, la personne se noie est un hasard malheureux, les probabilités que cela arrive sur une plage en été est plus élevé qu’en hiver par exemple. Croire l’inverse est un biais qui se nomme La cause douteuse ou la fausse cause (Non causa pro causa). Donc oui heureusement qu’on évite les procès d’intention. De même, lorsqu’on a un.e client.e qui nous appelle pour faire un retour affectif, nous ne pouvons pas déterminer en quelques minutes si la personne est réellement sincère, si ses intentions sont vraiment bonnes, ni si c’est une vraie personnes pervers narcissiques. Nous ne sommes pas des professionnels de santé pour établir ce genre de diagnostic psychologique. Mais vu que si c’est le cas, ne fonctionnera pas, ce n’est pas bien grave. Qui sommes-nous pour juger moralement la demande d’un client ? C’est très à la mode de se cacher derrière ces jolis termes, ça fait bien mais aucun n’a lu ou étudié les grands philosophes ou penseurs comme ne serait-ce que Baruch Spinoza ou Edgar Morin, pour ne citer qu’eux, même s’il y en a bien d’autres. Et pour en avoir lu et étudié une dizaine, comme je l’ai fait, ça ne fait que piquer les yeux. Et les lecteurs de mon livre « Les Mécanismes de la Pratique Magique » aux éditions Alliance Magique, ils le savent bien car j’en ai référencé un certain nombre. Et mon prochain ouvrage à paraître dans la même maison d’édition « 100 questions pour bien débuter en magie » va avoir droit à une série de 20 questions entièrement consacrée à l’épistémologie, la rationalité, l’esprit critique, la logique et l’éthique/morale avant qui prépareront aux questions « pratiques ».

Un dernier mot pour la fin, un retour affectif ou toutes sortes de magie, sorcellerie, énergétique, etc., nous ne pouvons pas en prouver l’efficacité. Par exemple, lorsque mes clients m’appellent pour me remercier car un retour affectif a fonctionné, je suis content pour eux mais je ne peux pas le prendre en compte statistiquement car s’il faut, je n’aurais rien fait et la personne serait revenue d’elle-même. Et cela en va pour l’ensemble des praticiens du monde entier, ayons un peu d’humilité. Donc avant de statuer en usant de fausse rhétorique, je conseillerais aux praticiens qui se trouvent bien-pensant avec ce type de phrase : faîtes des retour-affectifs qui entravent le libre-arbitre et trouvez un moyen de prouver qu’en plus de fonctionner que c’est bien grâce à vous et là on en reparlera ;-)


Sébastien G.A. Le Maôut

Sorcier ∞ Mage ∞ Occultiste